ABDOUL FESSAL TAPSOBA : RÉSISTER QUAND TOUT S'EFFONDRE
Son frère aîné Issa brise le silence. Derrière les statistiques et les contrats, il y a un homme qui a perdu trois êtres chers en quinze mois, subi une blessure au genou, puis une paralysie faciale, et quitté un club turc sans ses salaires. Une trajectoire que seule la résilience explique.
Il y a des parcours que les feuilles de match ne racontent pas. Abdoul Tapsoba, international burkinabè, fait partie de ces footballeurs dont la carrière ne peut se lire qu'à la lumière de ce qu'ils ont traversé loin des pelouses. Son frère aîné, Issa Tapsoba, a accepté de se confier à Djeli Médias pour lever le voile sur une période sombre que le joueur lui-même a rarement évoquée publiquement.
Tout commence en novembre 2022. Abdoul perd sa grande sœur. Un choc. Quelques mois à peine s'écoulent, et c'est la tante qui disparaît, en décembre 2023. Puis, en février 2024, le père. Trois deuils en quinze mois. Trois piliers arrachés l'un après l'autre, sans que le joueur ne puisse souffler entre deux.
À ces épreuves personnelles s'ajoute une blessure professionnelle. Lorsqu'Abdoul Tapsoba quitte son club turc d'Adanaspor pour rejoindre le championnat polonais, il part avec des arriérés de salaire non réglés dans ses bagages. Une situation malheureusement trop commune pour les footballeurs africains évoluant dans certains championnats de seconde zone, mais qui n'en demeure pas moins lourde à porter, financièrement et psychologiquement, au moment d'aborder un nouveau projet.
En Pologne, le joueur espère repartir sur de nouvelles bases. Mais le corps a d'autres plans. En 2025, une blessure au genou l'écarte d'abord des terrains, retardant ses premiers pas dans son nouveau championnat. À peine ce cap franchi, c'est une paralysie faciale qui survient — un trouble neurologique qui l'éloigne à nouveau et remet tout à zéro. Deux coups physiques successifs, après des mois de deuils. Pour beaucoup, c'eût été la limite.
Pourtant, Abdoul Tapsoba n'a pas abandonné. C'est ce que son frère Issa veut que l'on retienne avant tout. *« Il était passé très près de tout arrêter. Ce qu'il a vécu, peu de gens auraient tenu »*, confie-t-il. Dans un contexte où la santé mentale des sportifs africains reste un sujet peu abordé, le cas de ce joueur burkinabè mérite d'être posé clairement : continuer à s'entraîner, à signer, à monter sur un terrain, malgré le deuil, les impayés et la maladie — c'est un acte de courage ordinaire, mais bien réel.
La résilience n'est pas un mot creux ici. Elle a un visage, un nom, une histoire faite de nuits difficiles et de matins où l'on choisit quand même de continuer.
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